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 La fuite des cerveaux

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Majorete Carter
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MessageSujet: La fuite des cerveaux   Lun 26 Avr - 18:40

J'estime que les forums ne doivent pas seulement être des lieux de clavardage, mais également des lieux de partage de ses connaissances et de ces chefs d'oeuvres littéraires. Internet n'est pas seulement une toile : c'est également le lieu du plaisir et de la beauté.
Cela me fait très plaisir de partager avec vous (et aussi en un sens avec la terre entière), ma petite dissertation sur le sujet suivant : la fuite des cerveaux.
Je la partage car je ne supporte
pas l'idée qu'elle ne serve à rien d'autre qu'à pourrir dans les
archives de mon prof (qui a eu la gentillesse de me mettre la meilleure note : 17/20).
Je ne vous oblige pas à la lire, et prenez la comme ce qu'elle est, à savoir ni plus ni moins qu'un devoir universitaire...


C'est avec joie que je vous la donne. Vos commentaires sont les bienvenus.





Introduction



Le séisme en Haïti est un drame récent, et aura dans un
avenir proche, de lourdes conséquences sur les flux migratoires de la région. De nombreux Haïtiens, notamment les plus qualifiés, vont immigrer sur lecontinent afin de trouver de meilleures conditions de vie que dans leur pays d’origine sinistré. Haïti était déjà, avant le séisme, un pays qui connaissait une très forte migration de sa population qualifiée. Les derniers événements vont encore plus accentuer une tendance structurelle.

Ce problème de la fuite des travailleurs qualifiés dissimule la question
plus large de l’exode des cerveaux (ou fuite des cerveaux). La fuite des
cerveaux, appelée également « drainage des cerveaux », ou « Brain Drain » en anglais, est l’ensemble des migrations des travailleurs qualifiés, des
scientifiques et des artistes d’un pays vers un autre ; généralement plus
riche.

Le débat sur la fuite des cerveaux n’est pas nouveau. En effet, Dimitris
N. Chorafas expliquait déjà en 1969, les enjeux et les problématiques issues de ce phénomène dans son livre La Fuite des Cerveaux1. Il
démontre que c’est un phénomène qui a toujours existé dans l’Histoire. Ainsi, les intellectuels grecs sous le règne de Ptolémée 1er émigraient déjà en direction d’Alexandrie afin de jouir des plaisirs de la Grande Bibliothèque.
Plus récemment dans l’Histoire, Chorafas explique que c’est à cause des «
effets incalculables » de la fuite de ses cerveaux allemands en 1930-1938, que l’Allemagne nazi a perdu la Seconde Guerre mondiale.

Nous verrons dans un premier temps quelles sont les causes et les
raisons qui expliquent les phénomènes d’exode de cerveau. Dans un second temps, nous verrons quelles sont les conséquences économiques, culturelles et sociales de ces exodes, à la fois sur les pays d’accueil et sur les pays d’origine. Enfin, nous dévoilerons les enjeux que sous-tendent ces flux migratoires. Quels sont-ils ? Quelle est leur portée ?






I. Les Raisons


Les raisons pour lesquelles les travailleurs qualifiés immigrent vers un
pays plus développé, sont presque toutes reliées au bien-être personnel de l’individu.

Parmi les explications qui se rattachent à l’envie de quitter son pays
d’origine se trouve le besoin de sécurité. Ce besoin psychologique et
physiologique est indispensable. Dès lors, en cas de phénomènes graves, tels que les guerres, les famines et les séismes, on constate une augmentation de l’émigration de tous les individus (qualifiés ou non). Dans le cas d’Haïti, il est évident que les travailleurs qualifiés seront les premiers candidats à l’émigration. On peut ainsi prendre pour témoignage Stephen Smith, auteur du livre intitulé Négrologie2 : «[…]
la grande majorité des partants (60%) expliquent leur décision par la peur de l’insécurité, puis, en ordre décroissant, par les ravages du sida, la
discrimination positive en faveur des Noirs, la dégradation des services
publics ainsi que de meilleurs salaires et perspectives de carrière dans les pays d’accueil.»
(p. 205)

La deuxième explication à l’émigration est l’attrait qu’ont les émigrants pour
les perspectives économiques et sociales des pays d’accueil. En effet, les
scientifiques, les intellectuels et les travailleurs qualifiés sont souvent attirés vers un autre pays grâce aux perspectives de promotions de carrière, aux rémunérations avantageuses ainsi qu’aux meilleures conditions d’emplois. Ces raisons sont valables aussi bien pour les personnes étant doté d’un « cerveau», que pour ceux qui n’en sont pas dotées.
Les raisons politiques sont également des raisons pour lesquelles les cerveaux émigrent. Comme nous l’avons mentionné plus haut, les scientifiques allemands sont partis en masse en 1930 pour fuir le régime dictatorial.
De la même façon, le journaliste Appolinaire Noël KOULAMA3, explique
que les raisons pour lesquelles les étudiants Africains émigrent sont en grande partie politiques. En effet, ces étudiants goûtent à la liberté d’expression et se prennent à critiquer le régime de leur pays d’origine. Ils passent aux yeux des régimes dictatoriaux africains pour de dangereux libertaires, et ne peuvent ainsi plus rentrer dans leur pays.
Appolinaire Noël KOULAMA souligne enfin les difficultés que rencontrent les
étudiants africains « occidentalisés » lorsqu’ils rentrent chez eux. S’étant
acculturés, ils ont du mal à renouer avec leurs anciennes cultures, leurs
anciennes mœurs. Ce fossé qui s’est creusé entre eux et la population ne fait que décourager le retour des cerveaux dans leur pays d’origine.

Enfin, l’une des particularités de l’émigration des cerveaux est l’importance
que ces émigrants attachent à leur condition de travail. En effet, lorsque des scientifiques n’obtiennent pas les moyens de poursuivre leurs recherches, ils sont poussés à partir. C’est d’ailleurs la raison principale pour laquelle les scientifiques et intellectuels quittent leur pays (d’après eux) : ils le font avant tout parce qu’ils n’ont pas de budget suffisant pour effectuer leurs travaux.


En première petite conclusion, nous pouvons conclure que les raisons qui poussent les cerveaux à immigrer sont presque identiques à celles des immigrants normaux. La différence réside dans les conditions de travail, qu’ils ne trouvent pas dans leur pays d’origine.






II. Les Conséquences



Les conséquences de la fuite des cerveaux se situent à deux niveaux, au
niveau du pays d’émigration et au niveau du pays d’immigration.

Le pays d’origine, qui a connu une fuite de ses cerveaux, subit une perte d’investissement. En effet, lorsqu’un étudiant décide de partir à l’étranger, le pays de départ perd l’intégralité du coût de la formation de cet étudiant, qui était à l’origine un investissement.

Il perd également l’intégralité de ce que cet étudiant aurait pût produire comme richesse. Dans le cas d’un scientifique, le pays d’origine perd l’ensemble des brevets que ce scientifique aurait pût écrire. Le cas du professeur Luc Montagnier4 est significatif : bien que français, il part aux États-Unis pour poursuivre ses recherches. L’ensemble de ses travaux et de ses brevets ont été acquis par des firmes américaines. Dans ce cas, les États-Unis ont bénéficiés des travaux accomplis par Luc Montagnier, au détriment de la France…

Au niveau du pays d’accueil, on trouve des avantages qui se rattachent à
l’immigration. De plus grandes richesses techniques et technologiques se font ressentir dans le milieu d’accueil. On constate ce progrès technique au fur et à mesure que les intellectuels arrivent et à aux inventions technologiques au moment où les «cerveaux» conçoivent de nouvelles
technologies de pointe. On retrouve cette situation dans la Sillicon Valley, avec l’arrivée chaque année de nouveaux ingénieurs asiatiques et européen de l’est.

De surcroît, une richesse culturelle est apportée dans le pays où les
cerveaux migrateurs prennent place. Cette diversité représente un avantage pour le pays d’immigration. Le Canada est reconnu comme étant accueillant pour les immigrants et on peut y distinguer une panoplie de cultures différentes.Aujourd’hui, c’est un pays multiculturel. Un article publié sur le site Internet de Statistique Canada5prouve cette diversité
culturelle :

«En 2001, environ 1,8 million de personnes vivant au Canada étaient des
immigrants arrivés au pays au cours des 10 années précédentes. De ce nombre, 58% étaient nés en Asie (y compris le Moyen-Orient); 20 % en Europe; 11 % dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Amérique du Sud; 8 % en Afrique et 3 % aux États-Unis.»
Bien que tous ces immigrants ne soient pas tous des travailleurs qualifiés ou des scientifiques, ils apportent néanmoins une immense richesse culturelle au pays
d’accueil. C’est le cas du Canada et des États-Unis, qui sont historiquement des pays cibles pour les émigrants. D’autant plus que les migrants intellectuels peuvent être les Héraults de la culture de leur pays d’origine.
On se souvient ainsi du cas de Theodor W. Adorno, grand musicologue allemands, qui a fuit l’Allemagne en 1934. Cet intellectuel est le prototype même du cerveau qui apporte à son pays d’accueil une richesse culturelle. Dans le cas d’Adorno, une richesse musical et philosophique. On pourrait aussi citer Hannah Arendt, qui contribue au rayonnement philosophique des États-Unis après la guerre, en utilisant dans ses livres l’anglais au détriment de sa langue natale, l’allemand.

En plus des richesses mentionnées plus haut, il est aussi question d’une richesse d’initiative. Les personnes hautement scolarisées ainsi que les cadres formés qui immigrent démontrent une envie plus poussée à intégrer et à réussir sur le marché du travail. Comme ces immigrants ont dû passer par plusieurs étapes leur coûtant temps et argent afin d’immigrer dans le pays développé, ils sont plus actifs et plus entrepreneurs que les individus originaires du pays. Il se manifeste alors une tendance croissante de la productivité de la part des travailleurs étranger. Cette particularité des immigrants, quels que soient leur pays et leur origines, est souligné par Chorafas dans son ouvrage La fuite des cerveaux1.
Il y explique que les immigrés font toujours preuve de plus d’initiatives, et
de sens entrepreneurial, car l’immigré démontre un comportement et un esprit « actif et réveillé », qui constituent les qualités premières de
l’entrepreneur. Les immigrés ont un point de vue extérieur et neuf sur leur
pays d’accueil, et leur permet d’avoir un œil plus novateur sur les besoins de ce pays. Dimitris N. Chorafas déclare lui-même à la page 32 : «Il y a
des chances pour que l’immigrant ait plus d’ambition que la moyenne, qu’il soit alerte et bien portant, plutôt courageux, et rempli d’initiative […]».

Les étrangers immigrés qui ont un cerveau sont les plus grands
entrepreneurs : ils sont à la tête des plus grandes firmes multinationales
de nouvelles technologies à l’heure actuelle : on peut citer Intel, eBay,
ou encore Google, qui ont toutes étaient créé par des étrangers au pays où elles ont vu le jour. Dans le cas de Google, le fondateur Sergey Mikhaïlovitch Brin est d’origine russe. Dans le cas d’Intel, le
fondateur Andrew Groove est hongrois. Et dans le cas d’eBay, le fondateur
Pierre Omidyar est un français d’origine iranienne.

Malgré la richesse d’initiative apportée par les travailleurs qualifiés, ils peuvent connaître des frictions dues à un choc culturel. Bien que ces gens soient des intellectuels et aient suivi une formation adéquate à leur intégration sur le marché du travail, la possibilité d’éprouver un chamboulement de culture reste néanmoins probable. Cet aspect est souligné dans le journal La Presse par la rédactrice Jacinthe Tremblay :

" Pourquoi devrait-on vous embaucher? ". Cette question désormais classique en entrevue est une bête noire pour la majorité
des immigrants récents, peu importe leur niveau de scolarité et leur expérience de travail. Qu'ils soient originaires d'Asie, d'Afrique, d'Europe de l'Est, d'Amérique centrale et du Sud, ou du Moyen-Orient, les pratiques d'embauche dans leur terre natale reposent sur les lettres de référence et l'étalage des diplômes. Et non sur la présentation de leurs forces et faiblesses personnelles. Ce décalage entre les pratiques des employeurs d'ici et d'ailleurs est un des grands chocs culturels des nouveaux arrivants.6

Ainsi, bien que les travailleurs soient très qualifiés, ils peuvent néanmoins connaître un décalage culturel entre leur pays d’origine et le pays d’accueil.
Enfin, un autre avantage dû à l’immigration pour les pays d’accueil est le phénomène d’auto-entretien. En effet, la fuite des cerveaux est un phénomène auto-entretenu. On constate un encouragement de
la part des intellectuels qui ont immigrés envers leurs confrères qui n’ont pas émigrés. Les immigrés renvoient une image positive de leur expérience, ce qui séduit ceux qui ne sont pas partis.
Le directeur du Centre des études municipales au Conference Board, Mario Lefebvre, explique au journal leSoleil que «c’estconnu, les immigrants attirent les immigrants7 […]».
Il est moins dur pour un pays d’accueil de rester un pays d’accueil puisque les moyens et les infrastructures à l’immigration sont en places et sont prêtes à être utilisées.
Un pays d’accueil de cerveaux est encouragé à le rester de façon structurelle. En effet, dès qu’un scientifique se sent biendans un pays, il aura tendance à en parler à ses confrères scientifiques, qui
seront eux-mêmes poussés à partir.






III. Les enjeux de la fuite des cerveaux.


Le débat sur la fuite des cerveaux met en exergue avant tout les stratégies de développement. Un pays en voie de développement sera considérablement freiné dans sa croissance s’il ne parvient pas à maintenir ses cerveaux dans son pays. Il est incontestable que le développement de la Chine et de l’Inde, ces dernières années, est dû à leur immense production de diplômés, si importante qu’elle n’a pas pût s’exporter en totalité. Mais c’est aussi surtout grâce au fait que ces pays aient réussi à rapatrier les cerveaux qu’ils avaient envoyé à l’étranger.
Ainsi, comme l’écrit Mario Cervantes et Dominique Guellec,
Direction des Sciences, des technologies et de l'industrie de l'OCDE, dans un article parût dans L’Observateur de l’OCDE,8
« à long terme, la perspective d’un retour de personnes et de capitaux peut constituer une forme de stratégie de développement économique.
Par exemple, au Taipeh chinois, la moitié des sociétés établies dans le parc scientifico-industriel de Hsinchu ont été créées par d’anciens expatriés de retour des États-Unis. En Chine, d’après les estimations du ministère des sciences et des technologies, la plupart des entreprises d’Internet du pays ont été créées par des personnes ayant fait leurs études à l’étranger.
»

L’exode des cerveaux est un enjeu économique : les États-Unis sont le plus gros importateur de cerveaux au monde, et le dynamisme États-unien repose en très grande partie sur ses ingénieurs. On pourrait même prendre un raccourci un peu rapide et dire que c’est grâce aux ingénieurs de la Sillicon Valley que les États-Unis ont pût maintenir leur place de leader mondial au cours de 20 dernières années. Mais les États-Unis ne sont pas les seuls à attirer des cerveaux puisque le Canada est également un énorme importateur. De la même façon, l’Allemagne importe
surtout des cerveaux provenant d’Europe de l’est, la France importe des
cerveaux provenant d’Afrique, du Maghreb et d’Asie du sud-est. Et l’Amérique du nord importe de partout, avec une prédominance pour l’Asie. On en conclut que chaque pays possède sa zone de chasse de cerveaux privilégiés.

Le Canada, et l’Australie, sont des pays ayant un avantage stratégique dû à leur position géographique : en effet, n’ayant pas de « voisins du tiers monde », ils peuvent se permettre de pratiquer une politique d’immigration « choisie » : une politique d’importation des cerveaux. Les circonstances naturelles de l’Australie, être un continent-ile, permet à ce pays de choisir ses immigrés.
De même, le Canada ne possède qu’un seul voisin : les États-Unis, ce qui
lui permet de faire un « tri » entre les candidats à l’immigration.

Le Canada (et particulièrement le Québec) a
connu de violentes polémiques à propos de la fuite de ses médecins dans les années 1990 vers les États-Unis. Pourtant le Canada a peu de soucis à se faire, puisque c’est un pays importateurs nets de cerveaux. Autrement dit, les quelques fuites de médecins québécois en direction des États-Unis sont largement compensées par les arrivées de médecins des autres pays dans le monde. C’est ce qu’affirme le numéro 230 de l’Observateur de l’OCDE : « Le Canada attire aussi des talents, et, malgré une modeste perte d’émigrés qualifiés qui vont aux États-Unis, le pays est un importateur net de capital humain »8. On en conclut que les Québécois
n’ont pas vraiment à se plaindre de leur situation, qui est bien plus enviable que nombre d’autres pays en voie de développement.


Intuitivement, on prend conscience que l’enjeu de la fuite des cerveaux est géopolitique : celui qui détient des cerveaux, détient un potentiel technologique et donc militaire sans précédent…
Comme nous le disions au début, le professeur Chorafas 1est convaincu que l’Allemagne nazi a perdu la guerre à long terme à cause de la fuite de ses cerveaux entre 1930 et 1940. Il faut ainsi se souvenir qu’à cette époque, avec l’aide du scientifique Enrico Fermi, les américains ont réussi à produire l’arme atomique, qui était destiné à l’origine aux allemands. On peut également se souvenir plus loin dans l’histoire de la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV, qui a entrainé une fuite des protestants vers les autres pays européens. Ces mêmes protestants furent en
première ligne des armées qui ont combattu ce même Louis XIV lors de ses guerres contre les pays bas quelques années plus tard.

Enfin, on ne peut esquiver l’évènement majeur qui a mis fin au Moyen-âge : la prise de Constantinople en 1453. En effet, la prise de Byzance par les troupes turques a poussé les intellectuels byzantins à s’exiler pour l’Europe. Leurs connaissances ont contribuée sans commune mesure à l’expansion scientifique de tous les domaines de la science en Europe occidental au 15èmesiècle. L’apport des Byzantins à la science occidentale est incomparable. C’est sans aucun doute la prise de Constantinople qui a engendré le début de la période que nous nommons « Renaissance »1.

L’histoire récente nous montre que le phénomène de l’exode des cerveaux est en plein mouvement. En effet, la fuite des cerveaux est un phénomène qui s’est accentué depuis la chute du mur soviétique. Ainsi, depuis les années 1990, l’ouverture des frontières a permis une plus grande mobilité des hommes. Pourtant, depuis les événements de 2001, les grandes puissances occidentales importatrices sont devenues plus frileuses sur les sujets d’immigration. Cela peut être un facteur explicatif de la montée en puissance de la Chine et de l’Inde. Comme le soulignait Barack Obama dans son livre L’audace d’espérer 9:


« Ces derniers temps les patrons du high-tech ont un nouveau
souci : depuis le 11 septembre, beaucoup d’étudiants étrangers hésitent à poursuivre leurs études aux États-Unis à cause de la difficulté d’obtenir un visa, les meilleurs ingénieurs n’ont plus besoin de venir dans la Sillicon
Valley pour trouver du travail. Les firmes high-tech s’installent de plus en
plus en Inde ou en Chine et les capitaux à risque sont à présent mondialisés, ils s’investissent aussi bien à Bombay ou à Shanghai qu’en Californie. A long terme, cela nuit à l’économie des États-Unis. »


On peut ainsi dire que l’enjeu de la fuite des cerveaux n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui : les technologies n’ayant jamais été aussi sophistiquées, les ingénieurs et techniciens pouvant développer et améliorer les techniques actuelles sont des denrées plus précieuses que
jamais.




Conclusion

Pour terminer de façon synthétique, on peut affirmer que la fuite des cerveaux est un phénomène qui a toujours existé, mais qui a pris de l’ampleur au cours de ces dernières années. Les cerveaux qui décident
de partir vers un autre pays le font pour des raisons financières, politiques, économiques, mais surtout pour la perspective de meilleures conditions de travail. D’autres facteurs tels que la liberté d’expression séduisent les travailleurs hautement qualifiés des pays non-démocratiques. Ces migrations engendrent des conséquences pour les pays d’accueil comme pour les pays d’origine. Pour les pays d’émigration, la perte est à deux niveaux : l’investissement de la formation de ses cerveaux et le fruitdes travaux que ces derniers produiront dans l’avenir. En revanche pour le pays d’accueil, l’arrivée de ces immigrants talentueux contribue à la croissance et aux développements techniques, technologiques et culturels du pays.
Au terme de notre analyse, on se rend compte que les enjeux de la fuite des cerveaux sont au pinacle des enjeux de l’immigration. Les enjeux sont ainsi politiques, stratégiques, économiques et géopolitique !





Bibliographie


1 Dimitris
N. Chorafas, la fuite des cerveaux, édition fayard, livre emprunté à la
bibliothéque d’HEC. Publié en 1969, 183 pages.

2 édition
Calmann-Lévy, Négrologie, Stephen Smith, 248 pages, nous l’avons
emprunté à la bibliothèque sur Saint Laurent. Ce livre traite du problème
suivant : Pourquoi l’Afrique se meurt ?


3 Appolinaire Noël KOULAMA, dans son dossier
Afrique-société publié le 17 juin 2007


4
le cas du professeur Montagnier est expliqué sur wikipédia… Il est aussi un
homme très connu du fait de ses recherches sur le virus du SIDA


5 Statistiques Canada,
trouvé sur le site,
(Automne 2003) http://www.statcan.gc.ca/pub/11-008-x/2003002/article/6623-fra.pdf


6 (Article publié le 24 septembre 2005 dans la Presse aux pages
Carrières/Professions/Formation) : Journal La presse, Jacinthe Tremblay



7
(Article publié le 14 janvier 2010) (http://proxy2.hec.ca:2240/WebPages/Document/DocumentPDF.aspx?DocName=news%c2%b720100114%c2%b7LS%c2%b70044&PageIndex=0)


8 Mario Cervantes et Dominique Guellec,
Direction des Sciences, des technologies et de l'industrie de l'OCDE, dans un
article parût dans L’Observateur de l’OCDE, Nº230, Janvier 2002


9 l’audace d’espérer de Barack Obama,
presse de la cité, 500 pages, 2008
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skire
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MessageSujet: Re: La fuite des cerveaux   Lun 26 Avr - 21:49

Ma foi, j'ai lu ta disserte et je pense sincèrement que tu mérites la note que tu as eu.

Car :

L'introduction est bonne, tu présentes le sujet, puis à la fin tu indiques le plan que tu vas suivre (sorte de sommaire).

Ton plan est correcte (c'est un dialectique ou un truc du genre, je m'en rappelle plus ^^). Chaque fin d'axe se termine par une phrase de transition qui amène vers le sujet suivant.
Beaucoup d'exemple différent d'actualité ou issue du passé sont utilisés lors de la disserte, ce qui permet de bien garnir le sujet. (c'est comme les pizzas, plus c'est garni, plus intéressant ça devient !!!!!)

La conclu résume les 3 axe rapidement le tout en donnant la réponse à la question présente dans l'introduction. Bon maintenant que j'ai finis d'imiter mon prof de français faut que j'aille au lit !!


Belle copie en tout cas, tu mérites ta note je pense.

Après mon avis n'est que celui du simple étudiant.
Mais vu que ma prof de français m'engueule tous le temps sur mes dissertes, et qu'elle n'arrête pas de me répéter le fonctionnement d'une disserte, je commence à connaitre le discours...(mais pourtant je continue à être mauvais XD).

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MessageSujet: Re: La fuite des cerveaux   Mar 27 Avr - 0:24

Pas juste! Moi mes dissertes doivent faire des pages et des pages pour être recevables!!

Je ne l'ai pas encore lu, parce qu'il se fait très tard, mais ça a l'air vachement intéressant, je te promets que je le lirai Wink

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MessageSujet: Re: La fuite des cerveaux   Jeu 29 Avr - 13:39

Je lirai ca une autre fois mais ca l'air intéressant =)
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MessageSujet: Re: La fuite des cerveaux   Jeu 29 Avr - 14:13

Moi je viens de tous lire, entièrement...
J'ai tous bien analyser, et je dois dire qu'elle est presque parfaite...

Presque dans le sens, et que tu as homis quelque chose d'important dans l'histoire sur un point qui nous concerne...

En effet, je vais corriger un point, ou plutôt amener des explications.

Lorsque les nazis ont pris le pouvoir, effectivement, il y a eu une fuite des cerveaux.
Mais il faut se souvenir qu'en 41, et dans les années qu'ils suivèrent, se rendant compte de la perte de potentiel que les allemands avaient subit, ils ont tous fait pour faire revenir les cerveaux en Allemagne, notamment certains russes ou français fuyant leur régime politique.

Ce cite ainsi l'invention des gazs motels inventés pa un Juifs, et qui servira à tuer d'autres juifs (et oui c'est historique), l'invention des meilleurs chars du monde, le tigre, qui a sont époque, contenait une des meilleures technologie du monde, l'invention des U-BOOT, premier soumarins inventé par les allemands, et qui ont fait des ravages, et enfin l'invention à la fin de la guerre de l'avion à réaction.
J'ai oublié les V1 et V2, ainsi que des stratégies relevant du génie.

Certes l'allemagne a perdu des cerveaux dans certains domaines comme l'art, l'économie, mais dans le domaine militaire, elle était de loin au sommet de la technologie grâce a l'attirance qu'elle émettait vis à vis des cerveaux extérieurs.


Voila, à part ce détails, je suis tous à fait d'accord avec toi, mais je finirais pas cela:
il ne faut pas confondre la fuite des cerveaux pour aller enrichir un pays, et la fuite d'une population qui va faire retarder dans un avenir proche ce pays...

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